Un secret diététique qui pourrait prévenir le cancer du sein

Pouvez-vous modifier votre alimentation pour prévenir le cancer du sein ? Certains chercheurs disent qu’un programme de prévention d’ordre alimentaire pourrait être une arme utile contre la principale cause de décès chez les femmes. Le secret de ce régime alimentaire : réduire votre consommation de matières grasses.

Il faut empêcher les tumeurs de se transformer en cancer du sein

« Les graisses alimentaires constituent un facteur de risque pour le cancer du sein », concluent des chercheurs qui ont mené une étude sur 2.300 femmes Israélites. Cette étude demontre que, en général, les femmes qui consomment de fortes quantités de matières grasses ont trois fois plus de chance de développer des tumeurs qui se transformeront plus tard en cancer du sein.

En effet, le cancer du sein se développe à partir de tumeurs bénignes. Or, une alimentation riche en graisses favorise la transformation de maladies mammaires bénignes (non cancéreuses) en cancer du sein. Ensuite, le cancer du sein se développe par étapes successives qui portent sur un certain nombre d’années durant lesquelles le régime alimentaire influence ce processus. Les femmes pourraient donc modifier leur alimentation de manière à prévenir le cancer.

Par contre, il semble que l’alimentation n’ait aucune influence sur deux types de maladies mammaires bénignes. Malgré cela, les chercheurs ont observé chez les femmes souffrant de ces maladies à un stade avancé (stade 3) un lien entre un régime alimentaire riche en graisse et le nombre de cancers du sein détectés. « Les résultats suggèrent que les acides gras saturés, mais pas les autres groupes d’aliments, sont associés aux maladies à un stade avancé, » déclarent les chercheurs. Car en effet, les femmes souffrant d’une maladie au stade 3 consommaient plus de féculents, de sucre et de protéines que les autres, mais leur consommation de graisses constituait un
facteur de risque plus important. Dans le cadre d’une autre étude publiée dans le Journal of the National Cancer Institute, le Dr Paolo Toniolo, du département de médecine environnementale du centre médical de l’université de New York, a analysé l’alimentation de 700 femmes d’origine italienne, en utilisant 70 catégories d’aliments.

Il a observé que les aliments les plus fortement associés à des taux plus élevés de cancer du sein étaient les produits laitiers, comme les fromages riches en matières grasses et le lait entier. Les graisses animales et la viande venaient juste après.

Les femmes qui consommaient des aliments riches en graisse animale comme la viande, affichaient une augmentation « modeste » de leur risque de cancer du sein. L’étude a démontré en outre qu’il n’y avait pas de lien apparent entre le cancer du sein et la consommation de poisson, d’œufs, de pain, de pâtes, d’huile d’olive, de légumes et de fruits. Pour réduire leur risque de développer un cancer du sein, les femmes doivent donc réduire leur consommation totale de graisse à 30 % de leur apport calorique quotidien, les graisses saturées ne devant pas dépasser 10 % et les protéines animales 6 % selon le Dr Toniolo. En général, les Américains ont un régime alimentaire dans lequel les graisses représentent entre 35 et 45 % de l’apport calorique total!
Par ailleurs, les femmes qui souffrent de cancer du sein au Japon affichent de meilleurs résultats que leurs homologues américaines. Cela pourrait peut-être s’expliquer par le fait que les femmes japonaises ont généralement une alimentation relativement faible en matières grasses. C’est pourquoi aujourd’hui, les chercheurs émettent l’hypothèse que l’obésité et un régime alimentaire faible en fibres et en hydrates de carbone pourraient entraîner une espérance de vie plus faible.

C’est du moins ce que Ton affirme dans un rapport publié par le magazine Science News. Selon ce compte rendu, une forte consommation de graisses saturées accélère la progression du cancer du sein et sa dissémination à d’autres organes, ceci plus particulièrement chez les femmes les plus âgées. De plus, des chercheurs canadiens ont suivi la progression de cancers du sein récemment diagnostiqués chez 666 femmes. Parmi celles-ci, les femmes qui avaient une alimentation riche en graisses comme celles présentes dans le beurre, le fromage et l’huile de noix de coco, développaient des tumeurs plus grosses qui s’étendaient plus rapidement aux ganglions lymphatiques. Or, ce sont là des formes de cancer plus graves et plus difficiles à guérir. En effet, plus le cancer s’attaque aux qanglions lymphatiques, plus il est difficile à enrayer. D’autre part, les femmes qui consommaient des aliments riches en qraisses polyinsaturées. à base d’huile de maïs, de carthame, de tournesol et de lin, développaient des cancers qui s’attaquaient moins aux tissus lymphatiques et étaient donc plus faciles à traiter.